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Bérénice (Suite et fin) : 4 h d'alexandrins, 2 pièces... CHICHE ?

Samedi 12 novembre à 20 h 30 au Théâtre Georges-Leygues

Interview de Vincent Menjou-Cortès, du collectif Salut Martine, par Bruno Rapin, directeur du Théâtre Georges-Leygues.

Bérénice (Suite et fin) Samedi 12 novembre à 20 h 30 au Théâtre Georges-Leygues

Bruno Rapin : Vincent Menjou-Cortes, vous êtes à l'origine du projet et à la mise en scène, quel est le contexte reliant la pièce de Racine « Bérénice » et celle de Corneille « Tite et Bérénice » ?

Vincent Menjou-Cortès : Corneille propose son sujet, fruit d’un travail de 3 ans, aux deux troupes rivales : Le Palais Royal et l’Hôtel de Bourgogne. Il la cède finalement au plus offrant : Molière et la troupe du Palais Royal. Le sachant, Racine se lance aussitôt dans l’écriture d’une pièce traitant du même sujet dont il confie la création à l’Hôtel de Bourgogne. Les deux pièces sont créées la même semaine à Paris. C’est la pièce de Racine qui est restée dans l’Histoire, dépossédant Corneille de son succès. Tite et Bérénice est dramaturgiquement une des grandes œuvres de Corneille. Elle est pourtant tombée dans l’oubli.

BR : Comment vous êtes-vous « attaqué » à ces deux monuments ?

VMC : Racine, Corneille. Ces deux noms évoquent dans l’imaginaire collectif des colonnes de palais, des toges, des diadèmes. L’alexandrin, langue sacrée, s’impose. La précision du système dramatique et la pureté de cette langue en feraient presque oublier que ces deux auteurs avaient un goût prononcé pour l’expérimentation. Nous nous sommes appropriés la dramaturgie des Bérénice avec nos références -tant au niveau du jeu que dans la conception de l’espace- bousculant les conventions de la tragédie classique. Après une analyse rigoureuse de la structure des vers nous faisons entendre le texte : alexandrin et situation.
En isolant chaque scène nous définissons un cadre permettant d’accidenter la linéarité de la pièce. Cette méthode permet d’aborder les situations propres à chaque scène en dehors du contexte général de la pièce. Ce concret impose une sincérité de jeu, de rythme et de mouvements. Nous avons travaillé dans différents lieux de résidences, variant les paramètres spatiaux et temporels afin de mettre à l’épreuve cette matière.

BR : Vous défendez une continuité logique entre les deux pièces, avez-vous changé ou modifié quelque chose ?

VMC : Tout en conservant l’intégralité du texte de Racine, on propose une autre fin à ce chef-d’oeuvre. On connaît la fin du Bérénice de Racine mais pas celle de Corneille. C’est pourtant Tite et Bérénice de Corneille qui vient clore l’histoire des amours de Titus et Bérénice.

Bérénice suite et fin, le samedi 12 novembre à 20 h 30 au Théâtre Georges-Leygues.
Réservation : 05 53 40 49 49 ou en ligne sur www.ville-villeneuve-sur-lot.fr

Racine - Corneille : Bérénice, suite et fin