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Madeleine Pauliac

Dans quelques jours notre ville rendra hommage, en baptisant une rue à son nom, à une femme hors-norme, héroïne oubliée, qu'un film récent, Les Innocentes, a replacé dans la lumière des projecteurs.*

Madeleine Pauliac est née à Villeneuve-sur-Lot le 16 septembre 1912 dans une maison cossue de la rue D'Agen. Son père, Pierre-Roger, industriel, dirigeait une conserverie en légumes qui occupait une centaine d'ouvriers. Mobilisé en 1914, il meurt à Verdun en mars 2016.

Madeleine a vingt sept ans quand la seconde guerre mondiale éclate. C'est une jeune femme brillante et déterminée qui a passe sa thèse de médecine et exerce à l'hôpital des enfants-malades, à Paris. Engagée dans la Résistance, en charge du ravitaillement des maquis, elle participe en 1944 à la Libération de Paris, puis à la campagne d'Alsace et des Vosges.

Nommée médecin-lieutenant des Forces Françaises de l'intérieur, elle rencontre le Général De Gaulle qui lui confie la mission délicate d'organiser le rapatriement des Français blessés et perdus derrière la ligne Oder-Nasser qui délimite désormais la zone d'influence des soviétiques. Ce sont près d'un demi-million de prisonniers, S.T.O ou malgré-nous qu'il faut essayer de sauver avant la fermeture des frontières.

A la tête de onze jeunes infirmières de la Croix Rouge, qu'on appelle l'Escadron Bleu, elle sillonne toute la Pologne, et parfois l'Union Soviétique, effectuant plus de 200 missions de sauvetage, allant chercher ces prisonniers  presque un par un dans les villages les plus reculés, les camps de concentration de Dachau et de Majdanik.

Cette épopée héroïque a pu être retracée par son neveu, Philippe Maynial, grâce aux carnets de notes de Madeleine et aux témoignages émouvants de ses compagnes de l'Escadron Bleu qui, pendant cette période, ont aussi ouvert l'hôpital qu'elles avaient créé à Varsovie, à la population locale. « Pour Pauliac on se ferait tuer » disaient-elles, tant l'aura de cette jeune femme était importante.



Madeleine Pauliac est morte en Pologne dans un accident de la route, le 13 février 1946. Tout le corps diplomatique assista à ses funérailles en Pologne. Son corps fut rapatrié à Villeneuve l'été suivant et enterré dans le cimetière Saint-Etienne au cours d'une cérémonie solennelle.

Elle fut décorée à titre posthume dans l'ordre national de la Légion d'Honneur au grade de chevalier avec attribution de la Croix de guerre 1939-1945 avec palme « Morte pour la France ». Et la Croix Rouge Polonaise lui décerna sa plus haute distinction, la Croix d'Or, pour son implication, notamment , auprès des enfants.

Interview de Philippe Maynal :


* cette rue sera inaugurée le 8 mars 2018 (Journée de la Femme). Elle se situe entre la rue de Coquard et la rue F.-Villon