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« Battle », une exposition, un événement

En amont d'Urban Tribus et jusqu'au 31 octobre, le Centre culturel accueille une exposition de l'artiste Emilien Châtelain : « Battle ».

Cette exposition se construit autour du préjugé selon lequel il y aurait un art majeur et un art mineur. Les arts de rue, tag, graff, rap, hip-hop aujourd’hui démocratisés ne l’ont pas toujours été. Il a fallu un certain temps et des artistes issus de la rue, Basquiat entre autres, pour que l’image urbaine devienne une œuvre de galerie puis de musée.

Elle est conçue comme un combat de boxe international où les deux adversaires sont une danseuse classique et un danseur de hip-hop. Dans cette confrontation, sous forme de photographies, projections vidéos et installations, les deux danseurs se retrouvent à tour de rôle propulsés dans l’univers de l’un, la rue, et de l’autre, les scènes de théâtres et d’opéras.


Le soir du vernissage de l'exposition, le vendredi 16 octobre à 20 h 30, une danseuse classique et un danseur de hip-hop s’affronteront dans un battle en direct, accompagnés par une composition où la musique classique se mixe à la musique de rue. Devant le DJ, les danseurs se renverront leurs mouvements, se voleront leurs styles mais rien n’y fera. Le résultat du match est connu d'avance : Art contre art : égalité.


Pour aller plus loin dans la compréhension du travail de l'artiste, nous avons interviewé Émilien Châtelain...

La Rainette : En tant qu'artiste pluridisciplinaire, comment vous définiriez-vous ? Quelle est votre démarche artistique ?

Emilien Châtelain : Je suis vidéaste et musicien avant tout. Je suis artiste plasticien diplômé des Beaux Arts de Paris-Cergy où je me suis spécialisé dans la création assistée par ordinateur et j'ai également fait mes classes de solfège et de clarinette en conservatoire. Donc si un intitulé devait apparaître sur mes pièces d'identité ce serait : vidéaste-musicien. Ma fascination pour le cinéma et la musique m'ont amené vers la mise en scène d'images et de sons. La vidéo, la musique, la photo, l'installation sont autant de techniques et de rendus que je peux être amené à utiliser afin d'interroger et de proposer au spectateur les pièces d'un ou des puzzles à reconstituer. Il n'y a pas dans mon travail une ligne, mais des lignes de lecture, pas un, mais plusieurs paliers à franchir pour découvrir le ou les messages.

R : Comment l'idée de l'exposition "Battle" est-elle née ?

E.M. : « Battle » est née de cette simple question : y-a-t-il un Art majeur et un art mineur ? Pour tenter de répondre à cette question il fallait que je comprenne pourquoi consacrer un événement à la culture de rue, à la culture pop, tel que Urban Tribus est encore nécessaire. Pourquoi ne pas tout simplement consacrer une exposition à un graffeur, comme l'on adore une rétrospective du Caravage. Il semble encore indispensable de justifier que de la rue puisse émerger de l'Art majeur. Le temps semble avoir une grande responsabilité dans cette approche dichotomique. L' Art majeur a le bénéfice du temps de part le fait qu'il en a passé l'épreuve et qu'il est considéré comme universel et intemporel. L'art mineur lui est contemporain et il semble qu'il doive encore se battre pour justifier son titre de séjour au panthéon des arts. Il y a un rapport social et artistique conflictuel évident et pour moi il y a « BATTLE ».

R : Comment avez-vous conçu cette exposition ? Y avez-vous associé d'autres artistes ?

E.M. : Cette exposition se construit autour du Battle entre un danseur Hip Hop et une danseuse classique, qui aura lieu le 16 octobre à 20 h 30, lors du vernissage au Centre culturel J.-Raphaël-Leygues. Il fallait que je vérifie si cette opposition se justifie. Autour de cette performance gravite des œuvres photographiques, des installations vidéos et sonores et une sculpture qui, associées les unes aux autres, tentent de donner des éléments de réponse.

Pour cette exposition j'ai collaboré avec deux danseurs, artistes talentueux, Laëtitia Antoniazzi danseuse classique et Nahim Amenzulu danseur Hip Hop qui enseignent respectivement à l'école de Musique et de Danse du Grand Villeneuvois et au Centre culturel de Villeneuve-sur-Lot. L'essentiel de l'exposition tourne autour de leurs art respectif, de leur personne et de leurs élèves.

R : Selon vous, comment les cultures urbaines sont-elles considérées aujourd'hui ? Quels sont les signes d'une évolution qui irait dans le bon sens ?

E.M. : Si nous sommes objectifs, les cultures urbaines sont omniprésentes. Publicité, musique, cinéma, mode... elles sont partout. C'est un fait, est-ce que cela va dans le bon sens, je ne pense pas que nous devons nous poser cette question mais plutôt celle de savoir si l'inconscient collectif les ont intégrées, si les préjugés ont été dépassés. Cette culture est victime du choc des générations, de deux époques, celle de nos parents, prospère, et la nôtre, de crise. Lorsque l’État ne met plus en avant la Culture et l'Art comme les piliers de notre société, il me semble normal que ceux-ci se réfugient dans la rue, pleine d'énergie, de révolte créative, pleine d'avenir. Pour ce qui est du qualitatif, il faudra attendre que le temps ait passé au filtre tous ces artistes ou pseudos artistes urbains pour garder ceux dont l'œuvre est universelle, loin des artifices de nos sociétés contemporaines.


Découvrez les autres réalisation d'Emilien Châtelain (PDF)